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Latéralisation du tireur et visée, les trucs qui vont en déranger plus d’un...

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Quel tireur n’a pas entendu parler de "l’œil directeur" ? Celui-ci existe bel et bien, c’est une certitude aussi établie que le fait que le soleil se lève à l’Est. Le côté fort et le côté faible sont deux autres évidences. Nous avons tous un côté de prédilection pour tenir un stylo, car signer un chèque avec la main faible (gauche pour un droitier) est un exercice difficile. Alors pourquoi vouloir tenir une arme de la main faible, c’est à dire de la main avec laquelle on n’est pas capable d’écrire ? Quel sera le résultat en cible lors d’un tir ?

Je sais de quoi je parle car je fais partie des "tireurs martyrs", c’est à dire gaucher avec l’œil directeur droit. A l’époque, il n’était pas question de revendiquer quoi ce soit dans l’armée, maintenant non plus d’ailleurs, mais désormais plus pour des raisons de susceptibilité que d’autorité. Si pour ma part je tire maintenant correctement de la main droite, il m’a fallu 100 fois plus de cartouches qu’un "tireur normal " afin d’arriver à de bons résultats. Alors quel est le rôle de ce fameux œil directeur ? Afin d’en être sûr, j’ai demandé à mon ami Francis Garcia, chirurgien ophtalmologiste et passionné de tir, de m’expliquer la fonction de cet œil. D’après ce que j’ai retenu, l'œil dominant (c’est son appellation officiel) fixe la cible, tandis que l'autre œil voit le même objet sous un angle légèrement différent, et permet donc au cerveau de percevoir le relief. Viser consiste à aligner trois points, on ne peut donc le faire qu'avec un seul œil à la fois, dominant ou pas… La deuxième image ne sert à rien à ce moment précis, et ne peut que perturber la visée. Naturellement, le cerveau préfère utiliser l'œil dominant pour viser même si certaines études montrent que les sportifs les plus rapides sont ceux qui ont une "latéralité croisée" car ils utilisent un circuit neuronal plus court (main droite/hémisphère gauche du cerveau et inversement). Ainsi, si dans ma vie je n’avais dû tirer qu’à l’arme de poing, il aurait été intéressant pour moi de viser avec l’œil droit et de tenir mon pistolet de la main gauche ! Malheureusement, ce concept est inapplicable à l’arme longue, en tous cas sur cette planète. Je ne vous demande pas de me croire, moi, mais de faire confiance à l’homme de l’art, c’est à dire à l’ophtalmologiste. Si le cœur vous en dit, et que vous n’avez pas la sensation de ressentir déjà une sorte d’intention de viol, vous pouvez faire le test suivant : prenez un tube, regardez dedans en ayant fermé au préalable un œil, visez un objet quelconque. Recommencez la procédure avec l’autre œil, et dites-moi sincèrement si l’objet a bougé, ou encore si cet objet a une forme différente. Les faits sont têtus : il faut savoir qu’une revue (Info Tir, parue il y a plus de 25 ans) avait déjà abordé ce sujet, sans grand succès. Il est vrai que faire déterminer l’œil dominant à des élèves pour qui c’est généralement une grande découverte, fait briller le formateur. Pour ma part, j’ai supprimé cette notion de la formation des élèves que j’ai eu le plaisir d’instruire il y a au moins 20 ans, avec un énorme succès : gain de temps, et terminés les échecs engendrés par une mauvaise maîtrise de la détente. Certain vont me dire que si l’on est blessé d’une main (d’ailleurs pourquoi serait-on blessé de la main forte, alors que la main faible est devant ?), ou que lorsque que l’on doit tirer derrière un couvert, il faut savoir changer de main. C’est très certainement ce que l’on a raconté à cette policière qui a un jour changé de main dans un stand de tir. Maladroite de sa main faible comme tous, elle a laissé échapper son pistolet, a voulu le rattraper au vol et a tiré deux balles sur son collègue, le deuxième coup a sans doute été tiré dans un effet de "bump-firing". Droitiers, tirez à droite et inversement pour les gauchers. Quand les tireurs feront 100% au but avec la main forte, on pourra envisager le laborieux apprentissage du tir de la main faible, ce qui ne représente pas une priorité. Quant à tirer les deux yeux ouverts, c’est une excellente technique pour les chasseurs qui tirent des cartouches à plombs multiples, donc des gerbes ! Ne soyons pas obtus, et fermons toujours un œil, quelle que soit la distance ! Pas convaincu sur la nécessité de toujours viser ? Voici un argument de choc : Dans son livre "Force à la Loi", Me Laurent-Franck Lienard relate les faits suivants : un fonctionnaire aguerri d’un groupe d’intervention, certifié moniteur de tir dans la Police Nationale, a tiré 8 coups (huit) sur un adversaire déterminé et situé à une distance de 2,75 mètres (j’ai bien écrit deux mètres et soixante-quinze centimètres). Et il l’a manqué… 8 fois. Pourquoi ? Très certainement parce que ce fonctionnaire regardait le malfaiteur et ne visait pas. Pourquoi regardait-il l’adversaire en non pas ses organes de visée ? Tout d’abord, parce que le malfrat avait déjà atteint ses deux camarades, ce qui est pour le moins perturbant, même pour un combattant très bien entraîné. Ensuite, on lui avait peut-être certifié qu’à courte distance, il ne sert à rien de viser… Il était pourtant persuadé que ses coups touchaient le terroriste. Certes, tous les pratiquants du tir de combat ont essayé de tirer au stand à courtes distances, les deux yeux ouverts. Parfois ça marche, d’autres fois non. Mais si vous ne procédez pas tout le temps de la même façon, à quelle distance fermez-vous un œil ? Prendrez-vous le temps de réfléchir sur le fait de viser ou non lors d’engagement à courte distance, et qui dure généralement moins de 3 secondes ? Serez-vous dans une position de tir académique ? N’oubliez pas que la cible en papier du stand ne riposte jamais. Comme je l’ai écrit sur le premier article, un phénomène n’est jamais pris en considération sérieusement lors des différentes formations au tir, c’est le facteur humain. Et c’est précisément ce qui est arrivé au policier cité plus haut. Si on lui avait apprit à toujours viser, quelque soit la distance qui le sépare d’un adversaire, il l’aurait touché. On ne s’entraîne pas pour tirer sur un stand de tir. Formateurs de tout horizon, arrêtez de maltraiter vos élèves avec cette mauvaise histoire d’œil directeur, et dites-vous bien que leur échec, c’est avant tout votre échec. Lorsqu’ils perdent ou gagnent un combat, vous y êtes forcément pour quelque chose, c’est à dire que votre responsabilité morale, à défaut de responsabilité pénale, est toujours engagée. Quant au concours de tir professionnel, ils seront utiles lorsque les cibles tireront, même à l’air-soft ou au paint-ball. Je crois savoir que certains organisateurs ont utilisé ces systèmes d’entraînement connexes.

Christian Goblas


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